petite plume en désarroi
Les arpèges de Donovan.
C’était des sensations retrouvées, le vent dans les cheveux, le parfum doux qui lui laissait dans le cou.
Après son passage. Cette douceur retrouvée, la tendresse intime les notes, les couleurs de ses moments et les traduisaient en musique.
Un nuage, un air de guitare, cet air là, dans la nuit …
Et le murmure des ombres chante.
Derrière l’ombre demeure la lumière.
Est-ce qu’un livre offert au pas d’une porte peut encore à notre époque restait présent, sans être volé, déchiré ou tombé par le vent ? Qui le trouverait là ? Est-ce que les bouteilles à la mer finissent par retrouver le chemin du rivage. Le temps est-il encore aux ballades ?
Le respect des choix d’un être peut-il garder l’amour ? Aimer et perdre parce que l’on aime... L’attachement n’a t’il plus de place ? Doucement se déconditionner… Ne plus s’attacher… être libre dans la solitude, être acteur de sa vie. Redéfinir les choses, braver les peurs. Va vers ce qui te fait peur, c’est en affrontant que tu reviens plus vivant et libre.
C’est la dernière fois, après je ne crois plus en rien.
Face à soi même. Je croyais qu’il y avait la mort pour cela ?
Et non, la vie, la mort…. Comment veux tu vivre si tu ne meurs pas un peu des parties de toi ? C’est ce qui se passe dans l’infini petit, les cellules par exemple, et toi tu voudrais que les lois de la vie n’opèrent qu’à certaines échelle et pas à d’autres ?
Oui, c’est étrange ! C’est pourtant vrai. Alors, la vie bouge évolue… et toi que fais tu là. Tu restes figée. Le sur place… pour quoi ?
Non tu confonds tout… j’étais la première à vouloir bouger, partir rappelle toi. J’avais des projets et je souhaitais les réaliser. Tiens l’existence même de ces lignes en témoigne…
ça ou la solitude ?
Elle se demandait s’il était encore possible de mettre de la poésie dans la vie. La poésie urbaine ? La discrétion, la candeur avait elle encore de la place en elle et dans l’espace autour ? Il semblait que tout devenait accomplissement de soi dans l’indifférence aux autres.
Non, les choses ne s’opposent pas. Envoyer des signes aux hasards ne rimait à rien. C’était perdre son temps, donner ses rêves à la loi du vide. L’univers peut l’entendre ? Elle savait qu’on ne fait jamais les choses pour un retour , mais au moins si elles pouvaient avoir un échos…
C’est désolant,
Son échos en elle témoignait de cette chaleur que le cœur révèle. Il existe sur Terre des êtres proches. Dans sa mémoire à jamais, elle ferait signe à ce sentiment qu’elle avait ressenti, pour défier les difficultés. Défier, ou voir, ne pas se décourager.
Tu manques de vivre…, ces dialogues intérieurs vont manger ta tête…
Les écrire les laisser partir … laisser des traces. C’était ça que chacun recherchait ? Prendre plaisir donner, offrir.
La nuit avançait, ça c’était sûr. La nuit était fidèle chaque soir. Une amie, retrouvée à qui il était plus aisé de confier ses rêves et ses espoirs.
Je vous aime, je sortirai de ma coquille d’œuf. Pour m’envoler bientôt.
Assez de ses foutues croyances, demain je reprends mes listes et fait abstraction de tout. Je regagne la rive et les pieds sur la terre ferme.
Adieu illusions, poèmes, la vie ne sera pas emprisonnée dans des lignes de mots. Je m’enlise dans leur matière. Ils ne m’apportent que misère et questionnement…
L’écriture amie intime je te jette aux orties.
C’est normal, tu joues, tu te délectes … tu crois en la spontanéïté des choses… Mais tient la distance petite… tu ne connais que les préfaces des meilleurs trésors… ouvre toi, enfin,… déploies tes ailes…
Ce qui tient la route… tu vas le voir dans le temps. Tu ne peux savoir… alors n’anticipe pas. Les choses sont au présent n’oublie pas….
Fables, foutaises, je vous hais.
Elle claqua les portes de son âme. Et s’en alla ouvrir un autre livre. Une porte ouverte à un autre chemin, d’autres significations offertes, d’autres terrains d’apprentissage…
Stop, je veux revenir à la terre ferme. Ouvrir une BD Gotlib et sa coccinnelle, faites moi rire. Je veux ressentir des émotions. Je veux rougir de mes passions, je veux blêmir devant mes peurs, je veux taper du pied, faire des scandales et danser sur les tables. Je veux du vin dans les verres et des ivres aux planchers, je veux des éclats de rire et du verbe haut. Je veux les déguisements.
Le calme revenait…
Elle alla se coucher, pensant que la vie n’avait aucun sens si elle en avait trop.
Il y avait bien un fil conducteur … elle l’avait déjà senti auparavant.
Stop. Ancre tes amorces dans une histoire. Ancre ton discours dans la chair de tes personnages. Donne leur un caractère, exploite les outils qu’ils t’offrent. Ils offrent de leur personne. Leur existence n’est que le sens que tu leur donnes.
Allez, offre leur ta plume, ta plus grande plume…
Elle s’endormit d’un profond sommeil. ![]()