Mise à mort
L'homme se retourne, prend son chapeau, se couvre la tête du soleil. Il dort, accède au sommeil. Il meurt un instant, sa vérité enfouïe.
Il se meut, cherche retourne ses os, sa chair, son âme. Quelqu'un sait. Lui même sait, peut être aura t'il la perception claire. L'expression limpide pour dire au monde. Il piétine sa misère avec recueillement.
Le pied tourne le sol de poussière. Flottement dans l'air. Le vent souffle.
Le soleil s'acharne à sa crasseuse peau amie.
La voix trop forte parle, on l'écoute, elle résonne : condamné immatriculé 0512XF c'est à vous
"Perception incissive, faussée, détournée", le clairon sonne la sentence.
Le détenu se lève.
"L'âme dans sa chair vive prend des coups. L'être humain ne peut-il restituer la vérité singulière de chaque instant. En a t'il la place ? L'espace ? L'omet-il dans cette cacophonie."
Etourdissement, vertige, ... l'homme innocent est fusillé sur la place ce jour.
Sa vérité instantanée est tombée dans l'oubli ce jour, en lui même.
Il est seul -bâclé- il se relève, il pardonne son langage de ne pas savoir dire, il pardonne au monde de ne pas savoir le lire. Il a déjà perdu cette fâcheuse habitude d'essayer de croire à l'échos. Qu'on le laisse tranquile. Ce monde intérieur extérieur incompris n'a pas de prise sur ce réel : le fusil va tirer. Il mourra. C'est une question de temps. Invention humaine, donc fatalement erronée.